Quelles aides pour financer votre reprise d'entreprise ?

journaliste à La Tribune

Vous souhaitez reprendre une entreprise pour développer son activité, mais il vous manque des fonds propres pour financer l'opération. Il existe de nombreuses aides à votre portée, qu'elles proviennent de l'État ou de structures privées.

 

Les aides publiques

Les premiers financements que vous pouvez demander sont à chercher du côté des pouvoirs publics. Il existe des milliers d'aides distribuées par les collectivités territoriales (intercommunalités, conseils départementaux, conseils régionaux), qui peuvent aller de quelques milliers d'euros à plus de 50 000 euros. Votre dossier sera examiné par une commission qui examinera l'intérêt local de votre projet, tant en termes d'emplois que d'attractivité.

 

Pour vous y retrouver facilement, le ministère de l'Économie a mis en place un site internet recensant l'intégralité des aides publiques disponibles, région par région.

 

Parmi les aides nationales, l'ACCRE est sans doute la plus intéressante. L'Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise vous permet, si vous étiez sans activité auparavant, de bénéficier notamment d'une exonération de la quasi totalité des charges sociales la première année de la reprise, et jusqu'à 24 mois pour les micro-entreprises. Pour en bénéficier, vos revenus doivent être inférieurs au plafond annuel de la Sécurité sociale, qui s'élève à 39 228 euros en 2017.

 

Vous pouvez également prétendre à des réductions d'impôts si vous reprenez une entreprise par le biais d'une augmentation de capital. Vous pouvez soit :

  • déduire 18 % de votre investissement de votre impôt sur le revenu, dans la limite de 50 000 euros pour une personne seule (100 000 euros pour un couple),
  • déduire 50 % de votre investissement de votre impôt sur la fortune, dans la limite de 45 000 euros.

 

Vous avez décidé de reprendre une entreprise industrielle en difficulté ? Vous bénéficiez alors d'une exonération d'imposition sur les bénéfices et de la Cotisation foncière des entreprises pendant 24 mois. La société doit avoir été déclarée en redressement ou liquidation judiciaire par un tribunal pour être éligible.

 

Les prêts et garanties

Les réseaux d'accompagnement comme le Réseau Entreprendre ou Initiative France peuvent vous accorder un prêt d'honneur pour financer votre projet de reprise. Il s'agit d'un emprunt à taux zéro et sans garanties, qui peut aller de 2 000 à plus de 50 000 euros, selon l'organisme choisi. En contrepartie, vous devez obligatoirement contracter un crédit classique au moins égal. En pratique, le prêt d'honneur sert d'effet de levier lors des négociations avec les banques. En moyenne, pour 1 euro accordé par un réseau, elles accordent plus de 7 euros.

 

Si vous ne souhaitez pas impliquer votre patrimoine personnel dans la reprise, vous pouvez demander une garantie d'emprunt à différents organismes. Bpifrance, par exemple, propose de garantir la moitié de votre prêt, dans la limite de 200 000 euros. Le réseau France Active, lui, peut  vous accorder une garantie entre 50 et 65 %, dans la limite de 100 000 euros, si vous êtes au chômage ou si vous reprenez une entreprise de l'économie sociale et solidaire.

 

Les autres sources de financement

Les sources de financement sont nombreuses et diverses. En premier lieu, l'emprunt bancaire. Il s'agit du meilleur moyen de trouver des fonds importants pour mener à bien votre projet. Il ne peut cependant pas représenter l'intégralité de l'investissement : l'établissement vous demandera des garanties comme une caution personnelle ou une hypothèque, et un apport de fonds propre. Selon l'Agence France Entrepreneur, le prêt classique couvre rarement plus de 70 % du coût de la reprise.

 

La love money est également une source intéressante de financement. Il s'agit tout simplement d'argent apporté par vos proches, famille et amis, permettant d'augmenter votre apport personnel. Il peut prendre la forme de dons ou de prise de participation dans l'entreprise reprise. Cette méthode vous permet de trouver rapidement des fonds, et peut augmenter votre crédibilité auprès des banques.

 

Enfin, vous pouvez faire appel au crowdlending. Il s'agit d'une forme de financement participatif destiné aux entreprises : vous proposez à des particuliers d'investir dans votre projet de reprise, moyennant un remboursement avec intérêts. Cette solution est récente en France, et ne cesse de grandir. Les sommes investies doublent chaque année, notamment grâce à un taux d'intérêt moyen de 7,16 %.

 

Yvan Brax, journaliste à La Tribune

 

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