RSE : quel impact sur la compétitivité des entreprises ?

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iStock Cecile Arcurs - Impact RSE compétitivité.jpgRSE

La responsabilité sociale des entreprises est un sujet important dans le management des sociétés depuis plusieurs années. Prendre en compte les problématiques sociales, sociétales ou encore environnementales nuit-il à la compétitivité des entreprises françaises ?

 

Il convient tout d’abord de définir la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Plusieurs versions existent, mais celle de l’Union européenne, écrite dans le Livre Vert de la RSE publié en 2001, est la plus large : « satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir davantage dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes ». En somme, les entreprises ne doivent plus seulement se concentrer sur leurs profits, mais sur l’impact qu’elles ont sur la société, en réinvestissant leurs bénéfices dans le développement durable ou dans une fondation à but caritatif.
Mais cela peut-il détourner les entreprises de la recherche de compétitivité, nécessaire à leur développement ? C’est ce que France Stratégie, un organisme public de réflexion sur le développement économique du pays, a tenté d’évaluer dans une étude menée sur 8 500 entreprises françaises.


Le développement durable paye peu
Le premier constat qui en ressort est que les entreprises du monde entier font des efforts en faveur de la RSE. Mieux, la crise financière de 2008 aurait accéléré le processus : seuls 12% des 766 plus grandes entreprises du monde ont déclaré en 2010 avoir réduit leurs investissements dans ce domaine, contre 74% qui ont déclaré l’inverse.
Mais l’enseignement principal de cette étude est l’écart de la performance économique entre les entreprises appliquant une politique de RSE et celles ne le faisant pas. Les premières sont en moyenne 13% plus performantes que les secondes !


France Stratégie tempère toutefois ce chiffre : toutes les pratiques RSE ne contribueraient pas à une augmentation de la performance financière. Ainsi, les dimensions dites « ressources humaines » et « relation client », comme le maintien des compétences dans
l’entreprise ou la labellisation des biens et services, sont les plus payantes. En revanche, les activités dirigées vers le développement durable et la préservation de l’environnement (obtention d’un label éthique, certification environnementale…) ont tendance à diminuer les performances.


Des pistes pour inciter les TPE-PME
Par ailleurs, les TPE et les PME, qui constituent la majorité du tissu entrepreneurial français, ne mettent que peu en place des actions RSE, voire ne connaissent même pas le principe (65% des entreprises de moins de 50 salariés).
Actant que la RSE a un impact positif sur la performance des entreprises, France Stratégie propose 6 pistes pour mieux l’ancrer en France :
- Créer des antennes territoriales pour accompagner les TPE et les PME dans leurs
démarches responsables tout en prenant en compte les spécificités locales,
- Mettre en relation les TPE-PME avec de plus grandes entreprises appliquant déjà les
principes RSE grâce à des opérations de parrainage. L’objectif est de faire gagner du
temps et de l’argent aux premières en accélérant l’intégration des pratiques,
- Faciliter la labellisation RSE des TPE-PME,
- Développer un référentiel RSE unique et adaptable à toutes les entreprises, en
prenant notamment en compte leur taille ou leur secteur d’activité,
- Profiter des outils numériques pour mieux former les TPE-PME aux principes de la
RSE,
- Lancer des études pour évaluer l’impact de la RSE spécifiquement sur les TPE-PME,
pour leur montrer les avantages.


Yvan Brax, journaliste à La Tribune

 

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