Retraite : quelles différences entre les salariés du privé et ceux du public ?

journaliste à La Tribune

Les différences entre les salariés du privé et les agents de la fonction publique sont nombreuses, et cette règle ne change pas quand il est question des retraites. Quelles sont les divergences entre les deux régimes ?

 

Le système de retraite en quelques chiffres

Le système de retraite français est complexe. En plus d'un régime de base destiné à la plupart des salariés, il est composé de plusieurs autres propres à certaines branches ou statuts. On peut toutefois les classer en deux grandes catégories : les régimes du secteur privé et ceux des agents du service public.

 

Les salariés du privé sont quasiment tous soumis au régime dit général, c'est-à-dire qu'ils touchent la pension de base versée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV). En 2015, ils étaient 13,1 millions à en bénéficier, ce qui représente 82 % du total de retraités dans le pays. Il existe d'autres régimes de base dans le privé, comme le RSI (Régime social des indépendants), qui a récemment fusionné avec le régime général, ou la MSA (Mutuelle sociale des agriculteurs), destinée aux agriculteurs.

 

Ceux du secteur public, eux, sont bien moins nombreux. Le régime destiné aux agents de la fonction publique d'État (Éducation nationale, Justice, Défense…) couvrait en 2015 un peu plus de 1,8 million de personnes. La Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, qui englobe les fonctions publiques territoriale et hospitalière, bénéficie à environ un million de personnes. Les régimes dits spéciaux, comme deux de la RATP, de la SNCF ou des religieux, concernent un peu plus de 700 000 personnes.

 

Différences et rapprochements entre les deux régimes

La principale différence entre le public et le privé réside dans le montant de la pension. Dans la fonction publique d'État, elle est en moyenne de 2 000 euros brut par mois, contre 1 220 euros pour les salariés du secteur privé bénéficiant du régime général.

 

Cet énorme écart est dû à la différence de calcul entre les deux. Pour les premiers, le calcul des revenus prend en compte les salaires perçus lors des six derniers mois de la carrière. Pour les seconds, ce sont les 25 meilleures années qui sont prises en compte, et ce dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (39 732 euros en 2018). En revanche, les primes des agents publics n'entrent pas en compte dans le calcul, et ils ne bénéficient pas d'un régime complémentaire. À l'inverse des employés du privé qui touchent une pension complémentaire au titre de l'ARRCO et de l'AGIRC, souvent plus élevée que celle du régime de base, et qui prend en compte l'intégralité des revenus soumis à cotisations.

 

Concernant l'âge de départ à la retraite et la durée de cotisation, on assiste depuis une quinzaine d'année à une convergence de plus en plus grande entre le privé et le public. Ainsi, dans les deux cas, il faut désormais attendre 62 ans avant de pouvoir prétendre à une pension, et au moins 65 ans avant de la toucher sans décote. Le nombre de trimestres à valider est également le même : entre 160, soit 40 ans si vous êtes né en 1948 ou avant, et 172, soit 43 ans, si vous êtes né après 1973.

 

Le départ anticipé à la retraite

Dans le privé comme dans le public, il existe des cas qui vous permettent de partir plus tôt à la retraite. Pour les premiers, il s'agit :

  • de la retraite anticipée pour handicap, à partir de 55 ans,
  • de la retraite anticipée pour incapacité permanente, à partir de 60 ans,
  • de la retraite anticipée pour travail pénible, qui permet d'obtenir jusqu'à deux ans d'anticipation.

 

Les agents de la fonction publique sont répartis en deux catégories : les sédentaires, qui doivent attendre 62 ans, et les actifs, qui peuvent partir en retraite dès 57 ans, voire 52 ans dans certains cas particuliers. Ce second groupe inclut les métiers suivants :

  • les surveillants des prisons,
  • les agents de la police nationale et municipale,
  • les contrôleurs aériens,
  • les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse,
  • les personnels paramédicaux des hôpitaux militaires,
  • les sapeurs-pompiers professionnels,
  • les agents travaillant dans les égouts,
  • certains employés de la fonction publique hospitalière, comme les infirmiers de catégorie B, les aides-soignants, les sages-femmes, les puéricultrices des services de pédiatrie, les assistantes sociales et les personnels paramédicaux en contact permanent avec les malades.