Tout ce qu'il faut savoir sur la réforme de l'apprentissage

journaliste à La Tribune

Le gouvernement Philippe a lancé le 9 février dernier ses premières pistes pour réformer l'apprentissage chez les jeunes, qu'il estime sous-utilisé. De l'augmentation de la rémunération à l'aide pour le permis de conduire, une vingtaine de mesures ont été annoncées.

                                                              

Le gouvernement souhaite rendre l'apprentissage plus attractif pour les jeunes. C'est ce qu'a annoncé le 9 février dernier le Premier ministre Édouard Philippe, en présentant une vingtaine de mesures en ce sens. Il veut ainsi augmenter le contingent d'apprentis de 150 000 à 200 000 par an, en plus des quelque 400 000 actuellement.

 

Les incitations financières en première ligne

Pour aider les jeunes dès 15 ans à se tourner vers cette forme de formation, l'exécutif compte surtout jouer la carte des incitations financières. Et il souhaite en premier lieu augmenter la rémunération des apprentis de 15 à 17 ans. Il n'a pas encore précisé le niveau, mais elle semble bienvenue vu le niveau actuel de leur salaire, entre 25 et 53 % du SMIC horaire. Ils pourront également, à partir de 18 ans, prétendre à une aide de 500 euros pour passer leur permis de conduire, indispensable dans de nombreux métiers.

 

Par ailleurs, les apprentis seront considérés comme des étudiants à part entière. Cela leur permettra de bénéficier des mêmes avantages comme une réduction dans les transports en commun ou un accès facilité aux équipements culturels.

 

Les nombreuses aides à destination des entreprises pour les inciter à embaucher des apprentis seront réunies en une seule et destinées prioritairement aux TPE et aux PME, qui forment la grande majorité du tissu professionnel du pays. Cela simplifiera grandement les choses, étant donné que ces aides à l'embauche étaient toutes cumulables, mais qu'il fallait en faire la demande à différents organismes, comme le conseil régional ou l'administration fiscale.

 

Le Premier ministre a également promis lors de sa présentation que tous les contrats d'apprentissage seraient financés, mais il n'a pas précisé plus avant la mesure. Enfin, il a annoncé vouloir simplifier la procédure d'enregistrement des contrats d'apprentissage auprès de l'administration, autre mesure incitative à destination des entreprises.

 

L'information des jeunes privilégiée

Pour aider les jeunes à choisir leur orientation en toute connaissance de cause, le Premier ministre a annoncé vouloir améliorer leur information concernant l'apprentissage. Seront ainsi mises en place des journées de communication à ce sujet en troisième, seconde et première. Ils auront également accès, ainsi que leurs parents, à une documentation complète sur la qualité des formations dans le domaine choisi. Le chef du gouvernement n'a toutefois pas précisé sur quels critères elles seraient évaluées.

 

Il compte par ailleurs mettre en place des classes préparatoires à l'apprentissage pour les jeunes souhaitant se lancer dedans, mais ne disposant pas des connaissances et des compétences minimales requises.

 

La formation assouplie

Le reste des annonces faites concerne l'assouplissement des règles entourant les apprentis. Ainsi, ils pourront accéder à l'apprentissage jusqu'à 30 ans contre 26 ans aujourd'hui et leurs conditions de travail seront revues pour qu'ils soient considérés comme de vrais salariés dans leur entreprise d'accueil. Ils pourront également se lancer dans l'apprentissage à n'importe quel moment dans l'année, au lieu de devoir attendre la période septembre-décembre comme actuellement. Cela leur permettra par ailleurs de retrouver un employeur si leur contrat est interrompu prématurément. Ils ne perdront ainsi pas une année entière de formation.

 

Le niveau de qualification des apprentis sera évalué régulièrement, et la durée de leur formation pourra être allongée ou réduite en fonction de la vitesse d'acquisition des compétences.

 

Enfin, le gouvernement réservera 15 000 places aux apprentis dans le dispositif Erasmus. Cela leur permettra d'effectuer une partie de leur formation dans un autre pays d'Europe et ainsi de découvrir une autre manière de travailler.