Travailleur non salarié : les solutions d'épargne pour la retraite

journaliste à La Tribune

Vous êtes entrepreneur, artisan indépendant ou en profession libérale. En raison de votre statut, vous cotisez moins pour votre retraite, ce qui signifie que vous aurez une pension moins élevée le moment venu. Heureusement, il existe des solutions pour empêcher une trop grande chute de vos revenus.

 

Le contrat Madelin

Il existe plusieurs types de contrats Madelin : une assurance chômage, un contrat de prévoyance et une retraite complémentaire. Ils ont été créés pour permettre aux travailleurs non salariés d'avoir accès à tout ce dont les employés disposent automatiquement.

 

Le fonctionnement du contrat Madelin retraite est simple et proche d'une assurance-vie. Vous souscrivez à un contrat auprès de votre banque ou d'un assureur, puis vous versez régulièrement de l'argent dessus qui sera placé sur des fonds en euros ou des unités de compte. Les bénéfices générés chaque année sont réinvestis pour augmenter votre capital. Une fois la retraite arrivée, vous arrêtez les versements et touchez une rente viagère, dont le montant dépend de la taille de l'épargne.

 

Il présente toutefois quelques contraintes de versements. Vos cotisations annuelles doivent respecter un montant minimum fixé à la souscription, et qui varie en fonction du plafond de la Sécurité Sociale (39 228 euros en 2017). Par ailleurs, vous ne pouvez pas verser chaque année plus de 15 fois ce plancher. Enfin, vous pouvez cotiser au titre des années de travail effectuées avant l'ouverture du contrat, mais le versement ne peut dépasser le plafond de l'année en cours.

 

Pensez à l'assurance-vie

Si les contraintes du contrat Madelin ne vous conviennent pas, vous pouvez toujours souscrire à une assurance-vie. Le fonctionnement est le même, mais sans le plafond de versements et les sommes ne sont pas bloquées jusqu'à la retraite. Cela signifie qu'en cas de besoin, vous pouvez toujours retirer de l'argent sans risque de clôturer le compte.

 

Par ailleurs, l'assurance-vie dispose d'une fiscalité avantageuse. Tant que votre épargne reste au sein du contrat, seuls les revenus des fonds en euros sont imposables. Lorsque vous réalisez des retraits, les intérêts sont imposables en fonction de la durée de détention :

  • avant 4 ans : imposition au barème de l'impôt sur le revenu ou prélèvement libératoire de 35 %,
  • entre 4 et 8 ans : imposition au barème de l'impôt sur le revenu ou prélèvement libératoire de 15 %
  • après 8 ans : après abattement de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple), imposition au barème de l'impôt sur le revenu ou prélèvement libératoire de 7,5 %.

 

Ce système n'est valable que si vous optez pour une sortie en capital, par exemple profiter de la retraite pour acheter une nouvelle maison. Si vous décidez de toucher une rente viagère, les revenus sont imposables, mais vous bénéficiez d'un régime d'abattement en fonction de votre âge :

  • 30 % avant 50 ans,
  • 50 % avant 60 ans,
  • 60 % avant 70 ans,
  • 70 % à partir de 70 ans.

 

Ouvrir un Perp

Le Plan d'épargne retraite populaire, plus connu sous son acronyme Perp, est un autre contrat similaire à l'assurance-vie, auquel vous souscrivez dans votre banque, auprès d'un assureur ou d'une mutuelle. Les versements sont entièrement libres, mais les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite. Il s'agit en somme d'un compromis entre les deux solutions précédentes.

 

Une fois le moment venu, vous pouvez sortir du plan uniquement en rente viagère ou toucher une partie de l'épargne sous forme de capital, à hauteur de 20 %. Cela vous permet de réinvestir ces sommes ailleurs, mais votre pension s'en verra réduite.

 

Le principal avantage du Perp réside dans sa fiscalité pendant la durée d'épargne. Ainsi, les montants versés sont déductibles dans la limite de 10 % de vos revenus imposables et ce jusqu'à 30 432 euros.

 

Yvan Brax, journaliste à La Tribune

 

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