5 questions à vous poser avant d'ouvrir une assurance-vie

journaliste à La Tribune

 

Vous souhaitez diversifier votre épargne en souscrivant à une assurance-vie. Mais, comme avant chaque investissement, il convient de se poser les bonnes questions. Voici les cinq interrogations essentielles.

 

Pourquoi souhaitez-vous ouvrir une assurance-vie ?

Cette question est la première que vous devez vous poser : quel est votre objectif en souscrivant à une assurance-vie ? La réponse à cette question conditionnera de nombreux éléments, comme l'horizon d'investissement, le mode de placement ou encore la manière dont vous récupérerez votre argent.

 

Si vous voulez vous constituer un complément de revenus en vue de votre retraite, il vaut mieux être prudent et investir principalement dans des fonds en euros. Le rendement est moins élevé, mais vous avez la garantie de conserver votre capital. Toutefois, en fonction de votre profil d'investisseur, vous pouvez prendre plus de risques et ainsi augmenter vos revenus. Par ailleurs, vous pourrez bénéficier d'une rente viagère à la fin de votre carrière, ou réaliser des rachats partiels, programmés ou non.

 

En revanche, si vous voulez économiser pour un projet particulier, comme l'achat d'un logement, il est plus conseillé de choisir la sortie en capital au bout d'au moins huit ans, pour profiter des avantages fiscaux.

 

Quel est votre profil d'investisseur ?

La détermination de votre profil d'investisseur est justement une étape essentielle dans l'ouverture d'une assurance-vie, mais aussi de tout autre produit d'épargne. Il s'agit pour l'assureur ou l'établissement bancaire de connaître la manière dont il est préférable que vous placiez votre argent. Les fonds en euros sont des supports garantis, mais leur rendement est relativement faible, contrairement aux unités de compte, qui peuvent avoir des performances intéressantes, mais présentent un risque de perte en capital.

 

Pour déterminer votre profil, il convient de faire un point sur vos connaissances et votre expérience des produits d'épargne et des marchés financiers, mais aussi d'avoir arrêté votre objectif d'investissement, votre horizon de placement et le niveau de risque que vous êtes disposé à prendre. Vous saurez alors comment placer votre argent. N'hésitez pas à faire régulièrement un point avec votre conseiller, qui saura vous aiguiller.

 

Quels frais devrez-vous régler ?

Évidemment, l'ouverture et la tenue d'une assurance-vie ne sont pas gratuites. Vous devrez vous acquitter de plusieurs frais tout au long de la durée du contrat. Les premiers sont les frais d'entrée, qui, comme leur nom l'indique, sont prélevés lors du premier versement, et sont souvent identiques aux frais de versement, ponctionnés à chaque dépôt. Ils peuvent être élevés, jusqu'à 5 % de la somme, mais varient en fonction de chaque contrat.

 

Chaque année, des frais de gestion sont prélevés sur votre contrat pour en financer la bonne tenue. Ils sont rarement supérieurs à 1 % de votre capital, et sont par conséquent difficilement négociables. Enfin, les frais d'arbitrages sont prélevés lorsque des fonds sont transférés d'une unité de compte à une autre. Comptez là aussi 1 % des sommes concernées. Vous pouvez également bénéficier d'un certain nombre d'arbitrages gratuits par an, en fonction de l'offre choisie.

 

Il est très simple de trouver le taux de tous ces frais : ils doivent être inscrits noir sur blanc dans les conditions générales du contrat de l'assurance-vie. C'est dans ces moments que la nécessité de lire un contrat du début à la fin revêt son importance.

 

Quel mode de gestion choisir ?

Au moment de souscrire à une assurance-vie, vous pouvez choisir de gérer vous-même votre épargne investie ; cela s'appelle la gestion libre. Vous déplacez vos fonds comme vous le souhaitez, mais vous devez rester constamment vigilant face aux marchés financiers, qui peuvent évoluer très vite. Évidemment, cela n'entre pas en compte si vous n'avez investi que sur un fonds en euros.

 

Vous pouvez également choisir l'option de la gestion pilotée, ou accompagnée – le nom diffère en fonction du fournisseur du contrat. Vous choisissez toujours vous-même les placements à réaliser, mais vous êtes accompagné par un conseiller qui vous guide dans vos choix.

 

Vous pouvez également sécuriser automatiquement vos plus-values réalisées sur les unités de compte en les transférant régulièrement sur les fonds en euros ou mettre à l'abri vos fonds investis sur un support lorsqu'il baisse trop.

 

Quelle clause bénéficiaire choisir ?

Lorsque l'on ouvre une assurance-vie, il s'agit le plus souvent d'un investissement à long terme, voire très long terme. Vous devez alors anticiper le pire et désigner un bénéficiaire du contrat en cas ce décès.

 

Vous pouvez rédiger la clause bénéficiaire du contrat vous-même, ou prendre un modèle pré-rédigé par votre assureur. Vous avez le choix de désigner la personne que vous souhaitez, qu'elle soit membre de votre famille ou non, et même choisir plusieurs bénéficiaires. Toutefois, pour éviter toute erreur, il vaut mieux privilégier la clause déjà écrite dans le contrat, dans la mesure ou elle correspond à vos souhaits.

 

Afin de prendre toutes les précautions possibles, il vous faut anticiper l'éventuel décès de votre bénéficiaire avant vous. Vous pouvez alors désigner des bénéficiaires de second rang : si votre enfant, qui devait toucher l'argent, décède avant vous, ses propres enfants pourront réclamer légitimement les fonds.

 

 Yvan Brax, journaliste à La Tribune

 

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