Ce qui change pour les retraites complémentaires en 2019

journaliste à La Tribune

Il existe aujourd'hui deux régimes de retraite complémentaire, l'Arrco et l'Agirc. Ils fusionneront toutefois le 1er janvier 2019, pour ne laisser qu'une seule structure. À quels changements vous attendre ?

 

Si vous êtes employé du secteur privé, vous cotisez obligatoirement à l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco) ou à l'Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc). Comme leur nom l'indique, ils vous permettent, via des cotisations versées tout au long de votre carrière, de bénéficier d'un complément de revenus le moment venu. En effet, la retraite de base versée par la Sécurité sociale est limitée et dépend uniquement de vos 25 meilleures années en termes de salaire.

 

Une réforme pour éviter l'effondrement

Les syndicats patronaux et de salariés, qui gèrent ensemble l'Arrco et l'Agirc, ont trouvé un accord en 2015 pour sauver ces régimes de retraite, qui accusaient un déficit supérieur à 3 milliards d'euros et risquaient le défaut de paiement dès 2018. Pour pallier cela, plusieurs mesures ont été décidées, comme la baisse du rendement des cotisations, un gel partiel de la revalorisation en 2016 ou encore une sous-indexation des pensions complémentaires pendant trois ans.

 

Mais le changement le plus important prendra effet le 1er janvier 2019 : la fusion de l'Arrco et de l'Agirc au sein d'un nouveau régime unifié appelé tout simplement Agirc-Arrco. L'objectif est de mutualiser les réserves financières et les dépenses pour éviter un effondrement du système.

 

Cela ne changera rien pour les salariés, qui ne cotisent déjà qu'à un seul régime, mais les cadres, eux, ne seront plus rattachés qu'à une unique entité au lieu de deux. Par ailleurs, le système sera étendu à d'autres catégories de travailleurs : les employés à domicile, les journalistes pigistes, les aidants familiaux, les assistants maternels, les intermittents du spectacle ou encore les commerciaux VRP.

 

Le changement dans les cotisations

Évidemment, cela va changer beaucoup de choses au niveau des cotisations. Alors que chaque régime disposait de ses propres tranches et les taux y afférant, leur unification ne laissera qu'un seul barème, permettant au régime de faire des économies. Ainsi, le système actuel est composé comme suit :

  • deux tranches de cotisations Arrco :
  • première tranche jusqu'à un Plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS, soit 3 311 euros bruts par mois en 2018), à un taux de 7,75 %,
  • deuxième tranche entre un et trois PMSS, à un taux de 20,25 %,
  • deux tranches de cotisations Agirc :
  • première tranche de un à quatre PMSS, à un taux de 20,55 %,
  • deuxième tranche de quatre à huit PMSS, à un taux de 20,55 %.

 

À partir du 1er janvier 2019, que vous soyez salarié ou cadre, vous aurez les deux mêmes tranches de cotisations :

  • une première tranche jusqu'à un PMSS, à un taux de 7,87 %,
  • une seconde tranche de un à huit PMSS, à un taux de 21,59 %.

 

Cela modifiera par ailleurs le mode de calcul des pensions. Jusqu'à aujourd'hui, lorsque vous partiez en retraite, le nombre de points de retraite complémentaire accumulés lors de votre carrière était multiplié par sa valeur de service, ce qui donnait le montant du revenu à verser. L'Arrco et l'Agirc avaient leur propre valeur de service et versaient leur pension chacune de leur côté. Ce ne sera plus le cas : vous recevrez une unique pension Arrco-Agirc, et tous les points auront la même valeur.

 

Enfin, pour économiser encore, l'accord de 2015 prévoit d'appliquer un malus aux salariés nés à partir du 1er janvier 1957 souhaitant partir à la retraite avec une pension complète à 62 ans. Leur pension complémentaire sera diminuée de 10 % pendant trois ans s'ils n'acceptent pas de travailler quatre trimestres de plus, et ainsi partir à 63 ans. Inversement, s'ils prennent leur retraite plus tard, ils auront droit à un bonus la première année de pension. Celui-ci s'élèvera à 10 % s'ils partent à 64 ans, 20 % pour un départ à 65 ans et 30 % pour un départ à 66 ans.