Code de la route : ce qui va changer en 2018

journaliste à La Tribune

Limitations de vitesse, vidéo-verbalisation… Le gouvernement a annoncé un certain nombre de changements du Code de la route le 9 janvier dernier, lors d'un Comité interministériel de la sécurité routière.

 

Alors que le nombre d'accidents sur la route augmente de nouveau depuis trois ans, le gouvernement d'Édouard Philippe a présenté le 9 janvier dernier un plan pour réduire leur nombre et leur gravité, au sortir d'un Comité interministériel de la sécurité routière. La principale mesure était déjà connue auparavant, et a fait grand bruit à sa confirmation : l'abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes nationales et départementales bidirectionnelles ne disposant pas de terre-plein central. Ces 400 000 kilomètres de voies concentrent tout de même plus de la moitié des accidents mortels chaque année.

 

Lutte contre l'alcool au volant et sécurité des véhicules

La mise en place de cette mesure est prévue pour juillet 2018, et ne concernera pas les routes à deux fois deux voies ou deux fois trois voies sans séparateur. Face à la polémique provoquée par l'annonce, le Premier ministre a annoncé qu'une évaluation serait conduite en 2020, pour constater l'impact de la réduction de la vitesse, et la supprimer s'il n'est pas significatif. Concernant l'éventuel surplus d'amendes pour excès de vitesse, il sera versé à un fonds dont l'objectif est de « moderniser les structures médico-sociales destinées à la prise en charge des victimes de la route. »

 

Le gouvernement a également annoncé des mesures pour lutter contre l'alcool au volant, deuxième cause d'accidents sur la route. Il souhaite ainsi généraliser l'utilisation des éthylotests anti-démarrage qui, comme leur nom l'indique, empêchent le démarrage du véhicule si le conducteur dépasse le taux d'alcoolémie légal. Il sera imposé aux récidivistes, en sus d'un suivi médico-psychologique. Ceux qui se sont vus suspendre leur permis suite à un contrôle supérieur à 0,8 grammes d'alcool par litre de sang pourront continuer à rouler s'ils acceptent l'installation d'un tel dispositif. En revanche, les éthylotests jetables ne seront plus obligatoires dans chaque voiture.

 

La vente de voitures d'occasion va également être durcie. Si vous cédez votre véhicule, vous devrez fournir à l'acheteur un historique des réparations importantes réalisées dessus. Le gouvernement n'est pas entré dans les détails concernant cette mesure, mais cela concernera sans doute principalement le moteur et les équipements de sécurité (ceintures, airbags…).

 

Le téléphone au volant plus lourdement sanctionné

D'autres mesures ont été annoncées pour renforcer la protection des usagers non motorisés. Ainsi, la vidéo-verbalisation sera généralisée aux infractions liées au non-respect des règles de priorité concernant les piétons. Ces derniers bénéficieront également de protections renforcées aux abords des routes, et particulièrement les malvoyants. Quant aux cyclistes, une campagne de sensibilisation aux équipements de sécurité sera lancée au cours de l'année 2018.

 

Enfin, le gouvernement veut renforcer d'ici 2019 les sanctions contre le téléphone au volant. Ainsi, un conducteur pourra voir son permis suspendu s'il l'utilisait tout en commettant une infraction « menaçant la sécurité d'autrui », comme l'absence de clignotant pour tourner ou le non-respect d'une priorité.

 

À l'annonce de ces mesures, Édouard Philippe n'a donné aucun objectif chiffré de réduction des accidents de la route, souhaitant simplement faire mieux qu'avant. Il veut en faire l'un des grands combats du quinquennat, en tablant notamment sur l'engagement des Français en faveur de la sécurité routière.