Comment l'entrée à l'université va-t-elle changer ?

journaliste à La Tribune

Alors, sélection ou pas sélection ? Les nouvelles règles d'entrée à l'université ont été présentées mercredi 22 novembre en Conseil des ministres. Une nouvelle plateforme a notamment été présentée pour remplacer la tant décriée APB.

 

Le gouvernement a enfin tranché. À l'issue du Conseil des ministres du 22 novembre, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a présenté sa réforme de l'accès à l'université. Le principal but était de mettre fin au tirage au sort qui a empêché de nombreux étudiants d'intégrer la filière de leur choix, et « d'accueillir tous les bacheliers » à la rentrée prochaine, a expliqué la ministre.

 

APB enfin remplacé

Pour ce faire, une nouvelle plateforme viendra remplacer la controversée APB. Intitulée « Parcoursup », elle ouvrira le 15 janvier. Finie la hiérarchisation des choix, les lycéens devront y inscrire 10 vœux maximum pour lesquels ils recevront la réponse à partir du mois de mai. En fonction des réponses, ils pourront choisir le cursus qu'il préfère. Les licences pourront accepter une demande sans condition, la mettre en attente ou la conditionner à un accompagnement spécifique. Cela se traduit par des travaux dirigés supplémentaires, voire un accompagnement personnalisé. L'étudiant peut refuser ce traitement spécial, mais il s'expose alors à un refus de sa candidature par l'université.

 

Mais le principal écueil sur lequel butait le gouvernement concernait la sélection, pour l'instant interdite et refusée à la fois par les étudiants et les enseignants. Dans les faits, elle n'est pas mise en place, mais Mme Vidal a toutefois précisé qu'une université pourrait refuser des candidatures si les demandes excèdent le nombre de places disponibles. La manière dont seront choisis les recalés n'a toutefois pas été précisée. En revanche, le projet de loi oblige l'État à trouver une place dans l'enseignement supérieur à tout bachelier s'il le souhaite.

 

Les syndicats vent debout contre le projet de loi

Des places, justement, seront créées, a annoncé la ministre, mais uniquement dans les filières très demandées et qui assurent des débouchés professionnels. Par exemple, 3 000 étudiants supplémentaires seront accueillis en BTS dès la rentrée 2018. Pour financer tout cela, un investissement de 500 millions d'euros sur le quinquennat a été promis.

 

Enfin, le projet prévoit de favoriser la mixité sociale en fixant notamment des minimas de boursiers et de détenteurs d'un bac technologique dans les IUT et les BTS. Un quota d'étudiants hors  académie sera également mis en place pour permettre aux bacheliers d'étudier le plus près de chez eux possible.

 

Les syndicats universitaires (l'UNEF chez les étudiants, le Snesup chez les enseignants) dénoncent une sélection qui ne dit pas son nom. Ils condamnent ce « projet fou » servi par une « communication de choc » destinée à endormir toute contestation.