Comment le gouvernement veut remplacer les soldes ?

journaliste à La Tribune

Les soldes constituent un moment important dans la vie des commerçants : ils leur permettent de vider leurs stocks et de faire ainsi de la place pour de nouveaux produits. Le gouvernement trouve toutefois le système actuel trop lourd et pas assez incitatif.

 

Serait-ce la fin des traditionnelles soldes d'été et d'hiver ? C'est ce que semblent indiquer les annonces du gouvernement, qui souhaite en premier lieu réduire leur durée de six à quatre semaines dès 2019. L'objectif, comme l'avait annoncé la secrétaire d'État à l'Économie Delphine Gény-Stephann dans un entretien au Parisien début janvier, est de « créer plus d'urgence et d'envie » en focalisant l'attention des consommateurs sur une période plus réduite.

 

Les commerçants satisfaits

Cette mesure satisfait les commerçants, qui déplorent des ventes en baisse durant cette période depuis quelques années maintenant. La Fédération du prêt-à-porter féminin, citée par Libération, avertissait début février que les achats lors des soldes étaient « en perte de vitesse », avec une chute de 4 % sur les trois premières semaines cette année par rapport à 2017. À cela s'ajoute la baisse de l'année dernière, qui s'élevait à plus de 6 % pour tout le secteur de l'habillement.

 

Le secteur entier connaît les raisons de ces mauvais chiffres : la crise, la météo et surtout l'essor de la vente par internet, comme le confirme une récente étude de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris-Île-de-France.

 

Ainsi, les diverses promotions et ventes privées proposées avant les fêtes ont contenté les consommateurs, qui n'ont plus le budget ou l'envie de faire du shopping une fois le mois de janvier arrivé. Par ailleurs, la popularité croissante en France du Black Friday, une tradition américaine du dernier week-end de novembre, fait que les stocks des commerçants sont souvent bien entamés avant même le début du mois de décembre.

 

Un Black Friday à la française

Le gouvernement avait même envisagé l'été dernier d'avancer la date de début des soldes, à l'instar de nos voisins d'outre-Manche. Au Royaume-Uni, les promotions débutent dès le lendemain de Noël, appelé le Boxing Day, et ne durent qu'un mois.

 

Las, il en a été décidé autrement, et le système actuel ne changera pas, à savoir le début des soldes d'hiver le deuxième mercredi de janvier et de ceux d'été le quatrième mercredi de juin. L'objectif, selon la secrétaire d'État, est de « concilier la vision des petits commerçants qui souhaitent faire des soldes une période de déstockage en toute fin de saison et le souhait des grandes enseignes qui aimeraient rapprocher cette période du moment des fêtes. »

 

Enfin, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait avancé l'hypothèse de créer un Black Friday à la française, soit une période de deux ou trois jours de promotions importantes au niveau national. Cette hypothèse est toujours dans les rails, mais sa date n'est pas encore fixée. Elle pourrait avoir lieu en novembre, histoire d'officialiser ce qui se fait déjà, ou au printemps, entre les deux périodes de soldes.