Loi de finances 2018 : ce qui change pour les particuliers

journaliste à La Tribune

Chaque année, une loi de finances est votée pour mettre à jour les règles de financement de l'État et la fiscalité. Sur ce dernier point, le cru modifie de nombreuses règles à destination des particuliers. Tour d'horizon.

 

La loi de finances pour 2018, votée au mois de décembre dernier, change de nombreuses règles à destination des contribuables particuliers, dont nous faisons tous partie. La plupart vont dans le sens d'un abaissement de l'imposition, pour permettre à tous d'investir dans les entreprises françaises, selon le souhait du gouvernement.

 

La taxe d'habitation

La mesure qui a fait le plus de bruit est la suppression progressive de la taxe d'habitation, jugée injuste par le Président Emmanuel Macron. En 2018, vous bénéficierez d'un dégrèvement de 30 % si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 27 000 euros (43 000 euros si vous êtes en couple). Vous aurez droit à une réduction dégressive s'il est compris entre 27 et 28 000 euros (43 et 45 000 euros pour un couple). En revanche, si vous avez payé l'ISF en 2017, vous n'y aurez pas droit, même si vos revenus sont inférieurs à ces seuils.

 

La loi de finances a par ailleurs prévu les dégrèvements pour les deux prochaines années. À seuils constants, vous aurez droit à une réduction de 65 % en 2019 et 100 % en 2020. Si vous payez l'Impôt sur la fortune immobilière (IFI, remplaçant de l'ISF), vous n'y aurez pas droit.

 

Les crédits d'impôt

Vous avez des travaux à effectuer dans votre logement ou vous comptez investir en 2018 ? Après quelques tergiversations, le gouvernement a décidé de reporter d'au moins un an certains crédits d'impôt qui vous permettraient de réduire substantiellement votre imposition. Ainsi, le Crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2018. Il vous permet de déduire 30 % des dépenses engagées de votre impôt sur le revenu pour améliorer la qualité environnementale de votre résidence principale, dans la limite de 8 000 euros de travaux. Son rayon d'action est en revanche réduit, avec l'exclusion progressive de l'installation de nouvelles portes et fenêtres.

 

Le dispositif Pinel, qui vous permet de bénéficier d'une réduction d'impôt en cas d'investissement dans l'immobilier locatif, a lui été prolongé jusqu'au 31 décembre 2021. L'avantage fiscal demeure le même, mais la zone d'éligibilité a été réduite pour n'inclure que les communes dans lesquelles le marché de l'immobilier est le plus tendu. L'objectif est d'améliorer son efficacité en ne ciblant que les endroits où il sera vraiment utile à la construction de logements neufs. Il ne sera ainsi plus valable qu'en Île-de-France, sur la Côte d'Azur, dans les agglomérations de 250 000 habitants et les communes plus petites considérées comme chères (La Rochelle, Annecy…).

 

Enfin, le crédit d'impôt pour les travaux d'aménagement du logement des personnes âgées et handicapées a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2020.

 

Les autres mesures concernant les revenus

En complément de la suppression de l'ISF par l'IFI, également inclus dans le texte de loi, le gouvernement a instauré le Prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus du capital. Celui-ci inclut les prélèvements sociaux et l'impôt sur le revenu. Les livrets réglementés, eux, restent exonérés d'imposition.

 

Pour compenser la suppression des cotisations chômage et maladie, il a été décidé d'augmenter la CSG sur les salaires. La loi de finances stipule que cette hausse peut être déduite de son impôt sur le revenu.

 

Enfin, les limites des tranches du barème de l'impôt sur le revenu ont été relevées de 1 % pour cette année.

 

Changement de la fiscalité sur les véhicules

Pour inciter les contribuables à investir dans des véhicules plus propres, le gouvernement a durci le mécanisme bonus-malus à l'achat. Ainsi, il a abaissé le seuil de déclenchement du malus à 120 grammes de CO2 par kilomètre et a relevé son montant à 10 500 euros pour les véhicules émettant plus de 185 grammes de CO2 par kilomètre.

 

Les véhicules les plus polluants seront soumis à une taxe de 160 euros par an. Si vous achetez une voiture de plus de 36 chevaux-vapeur (CV), vous devrez payer une surtaxe de 500 euros par CV supplémentaire, dans la limite de 8 000 euros.

 

Enfin, la fiscalité du gazole, plus polluant, sera progressivement alignée sur celle de l'essence. Elles seront égales d'ici 2021.

 

Autres mesures

D'autres mesures n'entrant dans aucune des catégories ci-dessus, mais non moins importantes, entrent en vigueur cette année :

  • le Prêt à taux zéro (PTZ) est prolongé jusqu'au 31 décembre 2021, en réduisant toutefois son rayon d'action aux zones les plus tendues,
  • l'augmentation progressive de la prime d'activité, destinée aux salariés modestes,
  • le rétablissement du jour de carence en cas de maladie pour les fonctionnaires.