Retraité : ce qui change dans vos finances en 2018

journaliste à La Tribune

Dans sa volonté de grand chamboulement de la société française, le gouvernement a adopté de nombreuses mesures impactant le budget des Français, et les retraités ne sont pas en reste. De la CSG au minimum vieillesse, tout bouge.

 

La hausse de la CSG

Des changements sont à prévoir dans les finances des retraités français tout au long de l'année 2018. À commencer par la hausse de la CSG, qui touche tout le monde. Le taux de la contribution sociale généralisée passe de 6,6 % à 8,3 %, soit une hausse de 1,7 point. Et contrairement aux actifs, cela ne sera pas compensé par la suppression des cotisations chômage et maladie, qui ne sont pas réglées par les retraités.

 

Mais cette mesure ne concerne pas tout le monde. En effet, le nouveau taux concerne les pensions supérieures à 14 404 euros par an pour une personne seule et 22 096 euros pour une couple (chiffres pour 2018). En deçà, l'ancien taux est toujours en vigueur. Par ailleurs, l'exonération de la CSG pour les retraités les plus modestes n'est pas supprimée. Les plafonds pour 2018 s'élèvent à 11 018 euros par an pour une personne seule et 16 902 euros pour un couple.

 

La revalorisation des pensions

Mauvaise nouvelle pour les pensions de retraite de base. Après une petite hausse de 0,8 % en octobre 2017, elles ne seront pas revalorisées en 2018. En cause, le report de 90 jours du mois de revalorisation, qui passe d'octobre à janvier. La prochaine évolution entrera ainsi en vigueur le 1er janvier 2019.

 

Le but de cette mesure est d'aligner le régime de base avec celui des retraites complémentaires, réévaluées en début d'année, à l'exception de l'Agirc et de l'Arrco, revalorisées en novembre. Seul le régime des avocats ne subira pas de modification, puisqu'il est déjà recalculé le 1er janvier.

 

Le minimum vieillesse augmente

Conformément à la promesse du candidat Emmanuel Macorn, le budget de la Sécurité sociale pour 2018 prévoit une hausse en trois ans de l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, nouveau nom du minimum vieillesse) pour atteindre 900 euros par mois en 2020, contre 800 euros aujourd'hui.

 

La hausse sera validée par décret, mais il est prévu qu'elle serait de 30 euros dès le 1er avril 2018. Deux revalorisations de 35 euros chacune seront actées pour 2019 et 2020, au 1er janvier de chaque année.

 

Suppression du RSI et retraite progressive

La suppression du RSI actée en fin d'année dernière va forcément impacter la retraite des commerçants et artisans retraités. Dans les faits, rien ne changera pour eux, si ce n'est qu'ils seront progressivement rattachés au régime général, qui leur réglera leurs pensions. Cela facilitera en revanche les choses pour ceux qui ont été salariés à un moment de leur vie : ils n'auront plus qu'un seul interlocuteur.

 

La retraite progressive permet à une personne de plus de 60 ans ayant cotisé pendant au moins 150 trimestres de continuer à travailler à temps partiel tout en touchant une partie de sa pension. Elle peut ainsi travailler entre 40 et 80 % d'un temps complet, la différence étant comblée par sa caisse de retraite. Mais, alors qu'avant elle ne pouvait avoir qu'un seul employeur, elle peut désormais cumuler plusieurs petits emplois, tant qu'elle respecte les limites de temps.